Alimentation et changement climatiques : une interaction
Potager Michel Guérard 30/09/2015

Qualité de l’alimentation et changement climatiques, une interaction au cœur du débat

Ce début de XXIème siècle restera marqué par une double prise de conscience : nous n’avons qu’un corps et il est essentiel de veiller à la qualité de son carburant et de sa première médecine, l’alimentation; nous n’avons qu’une planète et son avenir est mis en question par le changement climatique dont les effets sont aujourd’hui perceptibles, même par la majorité des « climato-sceptiques ». L’Encyclique Papale « Laudate Si », le lancement très prochain du « COP 21 » à Paris traduisent bien une prise de conscience mondiale de ce sujet.

Alimentation et climat, ces deux thèmes sont, en réalité, étroitement imbriqués.

L’AGRICULTURE, UN INDICATEUR ESSENTIEL DE LA SANTE DE NOTRE PLANETE.



Les atteintes portées à la biodiversité, les problématiques liées à la quantité et à la qualité de l’eau douce, la réduction des surfaces cultivables causées par l’urbanisation sont autant de « clignotants » qui nous alertent sur la détérioration de notre environnement.

Nos paysages ruraux nous montrent que quelque chose est en train de changer : depuis le XIXème siècle, les vendanges ont été avancées sur l’ensemble de notre vignoble d’au moins 15 jours. La culture de la vigne se déplace vers le nord : les chercheurs indiquent qu’un réchauffement moyen de 1 degré « délocalise » de 100 kilomètres les cultures vers le nord…dans notre hémisphère .Déja on trouve du vin « made in UK » et un auteur a récemment titré « Du Bordeaux en Champagne »…

L’AGRICULTURE ET NOS HABITUDES ALIMENTAIRES CO-RESPONSABLES ?



On estime à 20% la part de l’agriculture dans l’émission de gaz à effets de serre. Les pompages dans la nappe phréatique pour irriguer des cultures, des techniques culturales et des méthodes d’élevage fortement consommatrices de produits sanitaires et phytosanitaires ont des effets de plus en plus rejetés par les producteurs qui en sont parfois les premières victimes. Les consommateurs y sont de plus en plus sensibles qui recherchent davantage de produits sains issus d’une agriculture raisonnée ou bio.

Il est vrai que longtemps, vouloir consommer de tout, toute l’année, chercher des produits « prêts à manger » a certainement eu un impact négatif sur le « bilan carbone » de notre alimentation. Le chiffre très impressionnant du gaspillage alimentaire, imputable tout autant à la distribution qu’au consommateur final, montre qu’on doit « faire mieux ».

VERS UNE « ALIMENTACTION » PROTECTRICE DE LA PLANETE ET DES HOMMES.



La consommation est un acte économique, social et environnemental. Elle peut et doit imposer ses exigences en matière de sécurité alimentaire, de bien-être du monde rural et d’adaptation au changement climatique. Le « consommacteur » est ainsi en droit de participer à l’atténuation des dérèglements du climat.

Les moyens sont multiples et simples : devenir davantage « locavore » et réduire ainsi la pollution liée à la logistique-longue distance, choisir les produits d’une agriculture et d’une pisciculture

raisonnée, renoncer à des produits qui s’inscrivent dans des processus destructeurs de l’équilibre écologique et, en particulier, la déforestation.

Il ne s’agit pas là de prôner une consommation austère ! Il est possible de découvrir des produits d’excellence, viandes, fruits, légumes vins, confits, foies gras, aromates, confiseries…qui recourent à des modes de production traditionnels, qui s’inscrivent dans le « naturel » et qui, pour reprendre la belle formule de Guy Savoy permettent de « transformer en joie des produits chargés d’histoire ».

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