L'Europe : un vaste vignoble à partir de 2016 ?
VSIG 8/01/2016

L’Europe : un vaste vignoble à partir de 2016 ?

La culture de la vigne, traditionnellement « corsetée » par une réglementation restrictive limitant les droits de plantation est en train de se libéraliser. Est-ce une révolution, la porte ouverte à tous les excès, la fin des terroirs et du régime des A.O.C. et des I.G.P. qui en garantissait la spécificité et l’image positive ?

UN COUP DE TONNERRE…A RETARDEMENT.



Les professionnels de la viticulture et les médias ont annoncé la fin d’une époque : il est désormais autorisé, dans l’Union Européenne, de produire des vins sans indication géographique (V.S.I.G.). Il faut donc s’attendre à trouver sur les rayons de nos cavistes et de nos super-marchés des vins de Bretagne, du Pas de Calais ou des Vosges !

Rappelons simplement que cette « ouverture » réglementaire n’est que la mise en application d’une décision européenne de 2007, donc on a eu le temps d’y réfléchir… et que ces vins « apatrides » ne font en réalité que remplacer les « vins de table ».

UNE DEFLAGRATION BIEN LIMITEE.



En autorisant les V.S.I.G., la Commission Européenne et l’administration française ont fixé des contrainte lourdes à cette libéralisation : les surfaces plantées en vigne ne pourront pas dépasser chaque année 1% du vignoble existant. Ces nouveaux vins ne devront pas détourner la notoriété des Appellations d’Origine Protégées et chaque Région décidera de limiter ou pas les autorisations de plantation dans le cadre de la réglementation européenne.

Mais c’est l’argument économique qui apparaît comme le plus limitant vis-à-vis d’un risque de prolifération des V.S.I.G. Créer un vignoble nouveau est un investissement lourd, sans commune mesure avec la mise en culture de champs de céréales, par exemple. On peut l’évaluer à 7 à 10 fois le chiffre d’affaire annuel de l’exploitation et, si on intègre les infrastructures de vinification, on atteint un niveau d’environ 170 000 Euros par Hectare. Il y a là de quoi calmer les ardeurs…


vignes suisses

Vignes suisses. Crédits photo : Régis Colombo/REGIS COLOMBO/www.diapo.ch


LE RISQUE NE VIENT-IL PAS D’AILLEURS ?



Le changement climatique qui, en France, provoque un décalage constant des dates de vendanges et une montée de la teneur alcoolique de nos vins, risque de déplacer vers le nord les aires de climat adaptées à la culture de la vigne. A noter qu’il y a déjà plus de 300 viticulteurs en Grande-Bretagne ! Quelques pays du nord de l’Europe commencent à s’intéresser à la question et, après tout, ce ne serait qu’une pirouette de l’histoire du vin dont la production aux XVII et XVIII èmes siècles n’était pas négligeable, en Belgique et même jusqu’au Danemark…

Ainsi un vin du « nouveau monde » dans la « vieille Europe » n’est peut-être pas une utopie, alors que se développeront de nouveaux terroirs, protégés par de nouvelles A.O.P. Et là, le combat se mènera sur le terrain du rapport qualité/prix.

Nous invitons à lire également notre article Le vin est un bien culturel de la France….

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